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Le Labyrinthe de Pan

12 Avr

L'ogre du Labyrinthe de Pan : un des nombreux monstres qu'Ofelia croise sur son chemin.

Le Labyrinthe de Pan est un film qui ravira tous les amateurs de fantastique et de contes sombres peuplés de créatures étranges et peu rassurantes.

Réalisé par Guillermo del Toro, cinéaste mexicain, Le Labyrinthe de Pan est un film hispano-mexicain qui a reçu une multitude de prix, notamment les oscars de la meilleure photographie et de la meilleure direction artistique, et le prix Goya du meilleur scénario original.

Dans une Espagne ravagée par la guerre civile, le régime fasciste s’installe dans un campement reculé dans les montagnes, afin de traquer les derniers républicains qui se cachent dans la forêt.

A  ce monde militaire de fureur et de violence, une petite fille y oppose sa douceur et son monde composé de rêveries et de magie. Il s’agit d’Ofelia, qui est venue avec sa mère rejoindre le capitaine Vidal, tyrannique et imbu de lui-même.

Pour fuir ces paysages froids, lugubres et hostiles, à l’image des brutalités bestiales et sanguinolentes des soldats fascistes, Ofelia va fuir dans un monde féerique dans lequel un faune lui apprend qu’elle serait en réalité une princesse venue d’un royaume immortel et merveilleux et condamnée à errer sur terre. Mais en suivant les conseils du faune et en réussissant trois épreuves, Ofelia pourra retrouver son royaume et ses vrais parents et quitter sa simple forme terrestre.

Les monstres foisonnent le long des épreuves qu’Ofelia doit endurer, à commencer par le faune qui est plutôt d’aspect inquiétant, même s’il est un guide pour Ofelia. Ce monde noir et sinistre est à l’image de la réalité dans laquelle Ofelia évolue. Plus les créatures qu’elle rencontre à travers ces épreuves sont sanguinolentes et dangereuses, plus le monde des hommes s’obscurcit et se dégrade.

Mais les vrais monstres, les plus cruels et les plus meurtriers ne sont pas ceux qu’on croit : il s’agit bien des humains dont les scènes sont d’une extrême violence  et nous laissent bouleversé.

Ainsi, del Toro oppose à la violence du fascisme l’innocence d’une petite fille pleine de rêves. Le film est d’autant plus bouleversant que le contraste entre ces deux univers est saisissant. Une critique forte du fascisme y est formulée. C’est donc le message principal du film. Bien sûr, on pourrait reprocher au à Guillermo del Toro de mettre en scène des personnages très caricaturaux : les fascistes, avec surtout le capitaine Vidal sont tous cruels et sans le moindre sentiment et la moindre humilité. Mais cela se justifie dans le sens où l’on pourrait considérer le film dans son entier comme un conte et pas seulement comme un film qui traite de contes.

S’agit-il de la simple imagination sur-développée d’une petite fille ou a-t-elle simplement la prodigieuse capacité d’entrevoir les signes de l’existence d’une réalité surnaturelle et fantastique ? Nul ne le sait exactement, mais tout laisse à penser que les légendes et les rêves ne sont pas à laisser en compte dans ce triste monde.

C’est aussi ce qui fait la force de ce film : libre aux spectateurs d’interpréter de la manière qu’ils le veulent cette œuvre.

Personnellement, je considère ce film comme un véritable hymne au pouvoir de l’imagination en tant qu’échappatoire à toutes les cruautés de notre réalité qui est parfois si tristement triviale.

Ofelia aime lire les contes et les légendes, elle vit à travers eux et par cet intermédiaire, donne du sens à ce qui n’en a pas et qui est simplement absurde. Je veux parler des guerres et des tortures fascistes.

En cela, le film n’est pas simplement un hymne à l’imagination mais aussi aux contes, aux histoires et à la culture en général.

En dehors du message du film, il faut souligner l’atmosphère mystérieuse et triste qui est mise en place grâce à une belle image et des effets spéciaux convaincants. N’oublions pas la musique qui est tout simplement envoûtante et qui vous hantera encore longtemps après.

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